Le Québec mène une enquête sur les applications de suivi auprès des Québécois

L’idée de savoir ce que les Québécois des applications de traçage mobile qui circulent déjà dans le monde.

Car selon toutes vraisemblances, le gouvernement penserait à déployer une telle application pour contenir la propagation du coronavirus. C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’il fait l’effort de faire ce sondage dans le but de mesurer le taux d’adhésion de la population. Un effort qui est apprécié par les spécialistes de la cybersécurité, mais qui interpellent le gouvernement sur les insuffisances que peut révéler ce genre de technologie surtout au niveau de la sécurité.

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« On s’attend, comme gouvernement, à ce qu’il y ait une deuxième vague », déclare lors d’un point de presse, Éric Caire, ce mercredi le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale. Par ailleurs, « toutes les options pour lutter contre une résurgence de la pandémie doivent faire partie de la réflexion », insistait-il.

En clair, le gouvernement québécois mesurer la confiance que pourrait accorder les Québécois à une application destinée à les tracer. Le lancement de la consultation publique qui prendra la forme de questionnaire en ligne. La date pour cette méthode de cette consultation s’étend jusqu’au 2 août prochain. « Si les Québécois nous disent « oui » dans un nombre qui est significatif, on pourra aller de l’avant. Mais s’ils nous disent « non » dans un nombre tout aussi significatif, on sait à ce moment-là que c’est voué à l’échec », a signifié Éric Caire. Même s’il faut reconnaître que jusqu’à présent le gouvernement n’a pas fixé taux de participation exacte pour la réussite de ce programme. « Toutes les options pour lutter contre une résurgence de la pandémie doivent faire partie de la réflexion » note Éric Caire.

Mais si une chose est certaine, le fait de débattre sur le déplacement de tel dispositif nécessite bien sûr un débat public. Cela va déterminer le succès prochain du dispositif et la volonté de la population à y participer. « Ça peut être un outil qui est utile si, et seulement si, les gens le téléchargent », explique monsieur le ministre. Il prend d’ailleurs l’exemple sur l’échec total de l’application Française de traçage StopCovid. On se rappelle que pour cette dernière seulement, 2 % de la population française a jugé utile d’installer l’application sur leur smartphone, ce qui présente clairement dérisoire vis-à-vis de l’objectif assigné par le gouvernement. Alors qu’on sait qu’en Allemagne, seulement 3 jours après le déploiement de l’application, la population à télécharger près de 9 millions de fois.

Mais, plusieurs fois le ministre Caire a essayé de rassurer au mieux sur les questions relatives à la sécurité. Le plan futur de l’application de traçage ne va pas permettre de cibler le tracé en particulier qui que ce soit. Car il n’y aura pas à utiliser de la géolocalisation à ce niveau. Mais aucune donnée biométrique ni d’une quelconque forme ne sera requise pour le fonctionnement de la future application. « Ce que nous souhaitons, c’est préserver la vie privée des Québécois. ».

Selon les dires du ministre, l’application utilisée en particulier les puces Bluetooth dans les smartphones des utilisateurs, pour leur fournir des identifiants de manière aléatoire, avec d’autres périphériques à proximité. Une technologie qui est jugée plus fiable que la géolocalisation dans un tel contexte, comme signifie Sébastien Gambs, professeur d’informatique et spécialiste en éthique de données massives à l’UQAM. « À travers un mur, mon téléphone peut avoir l’impression que j’ai été à proximité d’une autre personne, alors que ce n’est pas le cas, illustre-t-il. Il va y avoir des faux positifs et des faux négatifs. » explique ce dernier.

Mais il exigerait en retour l’utilisation permanente du Bluetooth. Ce qui expose notamment les utilisateurs à certaines formes de piratage informatique. « Règle générale, j’ai toujours été très critique de ces applications », signifie Anne-Sophie Letellier, spécialiste en sécurité informatique et codirectrice des communications chez Crypto Québec. Pour elle, ce genre de logiciel ne peut pas garantir quoi que ce soit dans la manière de gérer et d’endiguer la pandémie. Mais il n’empêche qu’utiliser le Bluetooth présente moins de risques que la géolocalisation par GPS.

Dans la mesure où suite à la consultation publique, le gouvernement avait le feu vert de la population, le cabinet du ministre entend déployer de manière rapide le logiciel de traçage. Et pour cela, il préfère se tourner vers des outils qui existent déjà au lieu de développer le nouveau.

Cependant, vu que très peu d’information circule sur l’application, cela était nature à de pas rassurer les spécialistes. Sébastien Gambs souligne à cet effet : « Puisqu’il a déjà choisi son outil, le fédéral pourrait faire l’effort de dévoiler les spécifications techniques, dit-il. Ça permettrait aux experts de voir si elle respecte les garanties éthiques et de vie privée qu’on aimerait avoir ».

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