Rançongiciel : les entreprises à bout de souffle

Depuis les années maintenant, nous observons presque impuissant à la montée en puissance et à la multiplication des programmes de rançon.

Les rançongiciel ont littéralement le vent en poupe.

Les pirates informatiques derrière ce genre de programmes malveillants semblent plus déterminés que jamais. En effet, il semblerait que ces derniers ont trouvé un moyen de se faire le maximum d’argent alors pourquoi s’en priver. Du coup, les organisations en particulier les entreprises subissent. Les collectivités publiques aussi ne sont pas en reste. On peut aussi comme les victimes privilégiés les hôpitaux. Récemment, plusieurs collectivités de la France ont compté parmi les nombreuses victimes faites par les opérateurs derrière un ransomware.

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« J’ai été prévenu à 03h30 du matin, quand l’astreinte m’a dit qu’il n’y avait plus de téléphone » souligne récemment, le responsable de la sécurité informatique de Marseille, Jérôme Poggi. Lorsque les informaticiens ont pu en fait mettre leurs pieds sur le site, précisément les deux centres de données de la ville de Marseille : « les +visiteurs+ (en parlant des pirates) étaient encore dans le réseau de la ville et toutes leurs charges n’avaient pas encore été déclenchées » a rapporté l’informaticien, durant son intervention lors d’une conférence réunissant plusieurs spécialistes de la sécurité informatique. L’un des gestes d’urgence adopter dans ce cas de figure a été de mettre fin au fonctionnement de toutes les machines et couper le réseau pour éviter que le virus ne se propage encore plus

« Au moment où l’on constate les premiers dégâts (…), on ne sait pas si le virus est encore en train de se propager dans le réseau de l’entreprise, ou bien si c’est déjà fini » note un cyber-pompier d’Orange Cyberdéfense, Robinson Delaugerre.

La filiale cyberdéfense de Orange s’est spécialisée dans les interventions d’urgence pour soutenir et aider les organisations publiques et privées toucher le plein fouet par des attaques informatiques.

La prochaine étape après avoir stoppé le fonctionnement de toutes les machines et couper le réseau, les informaticiens doivent chercher ce qui a bien pu causer l’infection du système. Au même moment, la direction de l’organisation doit mettre en place une cellule de crise pour répondre à certaines situations présentes. Cela dans un contexte où il n’y a peut-être plus de téléphone ni d’ordinateur.

« Nous parlons de la règle des 3X3 » souligne Gérôme Billois, un associé de chez Wavestone, un cabinet de conseil est aussi dans le domaine de l’intervention avec aussi ses équipes de cyber-pompiers prêt à agir sur demande. « Il y a trois jours de sidération, où tout le monde court partout, consomme une énergie folle… » explique ce dernier.

« Puis trois semaines de gestion de crise » durant lesquelles une entreprise peut fonctionner avec seulement « du papier et des crayons » et « 10, 15, 20% » de son activité informatique, remise en route après avoir nettoyé le réseau du virus », ajoute l’expert.

Même avec près de 1500 ordinateurs totalement réinitialisés, il faudrait patienter souvent jusqu’à 3 mois avant que l’entreprise ne puisse à nouveau fonctionner de manière adéquate. Cela avec toutes les machines totalement nettoyées et les applications fonctionnelles.

« Nous avons dû formater 1.500 ordinateurs et réinitialiser 250 serveurs » explique de son côté Arnaud Mabire, le vice-président de la communauté d’agglomération Evreux Portes de Normandie, qui a été aussi frappée par un rançongiciel durant le mois de décembre. Ce dernier précise qu’il a fallu à son organisation presque un mois et demi pour qu’elle puisse se retrouver un fonctionnement à peu près normal, dans une localité qui contient près de 100 000 habitants. Son témoignage précise que les premiers jours de crise ont été vraiment durs pour le personnel informaticien, les salariés ainsi que les personnes affectées directement.

« Je me souviens de cas ou nous avons demandé à des gens d’évacuer la cellule de crise, car ils finissaient par faire n’importe quoi sous le coup de la fatigue » note Gérôme Billois,

Cependant qu’en est-il de la rançon ?

Malheureusement force est de constater que la consigne qui consiste à ne pas payer n’est pas vraiment respectée par beaucoup de chefs d’entreprise. Et pour des raisons diverses. « Quand vous êtes chef d’entreprise, que toutes vos sauvegardes sont elles aussi chiffrées, que vous avez des chantiers à livrer, et que vous avez réussi à faire baisser la rançon de 400.000 à 20.000 euros, c’est difficile de ne pas payer » explique un expert de la cybersécurité.

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