Trafic de faux pass sanitaires

Si aujourd’hui le trafic de faux pass sanitaires n’a rien d’étonnant, il faut préciser qu’il y a quelques mois de cela, cette situation ne se présentait que comme une potentielle éventualité.

Au début lors de la mise en place des premiers tests PCR et des premiers pass sanitaires, la demande n’était pas aussi forte. Bien évidemment l’idée de construire un trafic autour de ce procédé médical et sécuritaire n’était pas encore pensé à grande échelle. Disons plutôt que c’était des cas isolés.

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On rappelle que durant le mois de juillet dernier, un internaute anonyme publiait dans un groupe Telegram ce message qui alors était assez intrigant. « Pour 20 euros, je peux vous fournir un document officiel à votre nom, prescrit par un médecin bruxellois et certifié par un laboratoire reconnu par Sciensano, l’Institut de santé publique belge ». Ce qui a le plus marqué dans cette histoire c’est que, la publication était accompagnée d’un exemple de faux pass sanitaire pour confirmer les dires. Un exemple qui avait l’air de totalement un vrai avec le nom d’un médecin, qui existe bel et bien du nom de David Tahri.

Après quelques recherches sur ce docteur, il a été découvert que son prénom n’est pas David mais plutôt Mohamed. Lorsque le faux document a été présenté au laboratoire qui était mentionné sur le faux pass sanitaire, ces derniers à travers leurs portes paroles a mentionné ceci : « Nous connaissons bien le Dr Tahri car il nous envoie une trentaine de demandes d’analyse par jour, explique le directeur du labo, un médecin biologiste. Mais effectivement, il se prénomme Mohammed et non David. Ce document est un faux et les faussaires ont sans doute modifié le prénom pour ne pas que celui-ci mène sa petite enquête et retrouve le document original qui a été falsifié, et donc le patient à la source de la fuite. Deux autres détails me permettent également de voir qu’il s’agit d’un faux, mais je n’en dirai pas plus afin d’éviter que les faussaires ne se mettent à jour. ».

De surcroît, le directeur du laboratoire n’a pas fait mine d’être surpris. En effet selon lui : « Il y a un gros trafic, surtout au nord de Bruxelles. Et franchement, nous n’y pouvons rien. Ces documents sous format PDF sont très faciles à falsifier. Notre informaticien nous a aussi expliqué que les QR codes que d’autres labos ou hôpitaux rajoutent le sont également. Alors on se contente de contacter la police pour leur montrer comment les détecter. ». Il précise d’ailleurs que certains faussaires ne vont même pas reculer jusqu’à se procurer de véritables papiers Certains. « On a déjà essayé de me soudoyer plusieurs fois, confie ce directeur. On m’a promis quelques centaines d’euros pour faire des fausses attestations mais j’ai bien entendu refusé. Outre une radiation de l’Ordre des médecins, je risquerais aussi la prison. », ajoute ce dernier.

En Bruxelles par exemple, les faussaires courent le risquent lorsqu’ils sont arrêtés d’une peine de prison allant de 1 mois à 5 ans et d’une amende de 3000 €. Une sanction qui est similaire même pour les acheteurs lorsqu’ils sont pris sur le fait. Surtout lorsqu’ils partagent leurs données personnelles pour se procurer ces faux documents. On rentre alors dans le cas d’une complicité directe.

Mais la question qui a plusieurs fois et te poser concernant ce trafic de faux pas sanitaire et de faux texto PCR, est de savoir si malgré leur une perfection, il pouvait permettre à leurs utilisateurs de passer certains contrôles tel que celui de la douane. C’est une éventualité malheureusement faisable mauvais sens que selon plusieurs témoignages, les agents qui sont généralement poster dans les gares et les services de douane n’ont pas tendance à contrôler à contrôler de manière insistante ou de manière efficace. Ce qui permet à plusieurs de passer à travers les mailles du filet. « La seule façon de vérifier est d’appeler le labo. Tout document qui sort de chez nous est traçable jusqu’aux données brutes de la machine d’analyse. Et nous recevons parfois de telles demandes. Nous leur répondons alors que le voyageur en question nous est inconnu ou qu’il est venu chez nous mais à une autre date que celle mentionnée dans le rapport PCR. », nous explique le directeur du laboratoire incriminé.

Pourtant, il ne faut pas se leurrer. Plusieurs utilisateurs de faux pass sanitaires ont été arrêtés. En se référant au chiffre en fourni par l’aéroport de Bruxelles seulement, il a été mentionné, que près de 576 personnes ont été interpellées utilisant de fausse attestation de santé. On estime que ce chiffre à bien évidemment connu une hausse à cause des retours de vacances.

« Toutes ces procédures ont été mises en place dans l’urgence et ont évolué selon les demandes de Sciensano. Ces documents sont donc peu sécurisés et ne facilitent pas vraiment les contrôles. », souligne, le chef de la division informatique chez Cerba Healthcare Belgique, réseau international de laboratoires de biologie médicale, Nicolas Archen.

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