Quand les fuites de données affectent les enfants

Généralement quand on parle de fuite de données, on oublie le plus souvent de parler de certaines personnes qui sont les plus vulnérables.

Il s’agit bien sûr des enfants. Lorsque tes données sont en libre circulation sur Internet ou vendu sur un forum deux cybercriminels, il est certain que les enfants en plus des adultes sont à cette situation. En particulier lorsqu’il s’agit par exemple de données de santé.

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Parlons des données de santé. Si pendant longtemps ces informations personnelles n’ont pas été suffisamment au centre des inquiétudes en matière de sécurité informatique des données numériques, la récente explosion des attaques informatiques en particulier celle qui cible les établissements de santé depuis l’année dernière a littéralement changé la donne. Depuis le début de cette année, il a eu énormément de fuite de ce genre de données. Mais qu’appelle-t-on données de santé exactement ? Selon la Commission Nationale de l’Informatique et des libertés, autorité administrative indépendante chargée de veiller au respect du règlement Européen pour la protection des données personnelles, les données de santé sont : « considérées comme des données sensibles et qui sont, lorsqu’elles sont détenues par les établissements et professionnels de santé, protégées par le secret médical ». Ces informations sont capitales et sensibles et sont généralement couvertes par le secret professionnel. À ce sujet, la direction de l’information légale et administrative précise que ces données sont couvertes par le secret quand bien même cette personne est sous tutelle au curatelle « les informations médicales de la personne protégée ne sont pas accessibles aux tiers » note l’autorité administrative. « Nul besoin de compétences particulières : ces données sont accessibles à n’importe qui, en saisissant simplement le nom et prénom des résidents dans un moteur de recherche. ».

Pourtant, malgré toute cette sensibilité autour des données de santé, il n’est malheureusement pas rare d’en trouver en libre accès sur internet.

Récemment, Le foyer Accous a subi une fuite d’informations de ce genre. Les données de santé détenues par les résidents de foyers destinés aux adultes handicapés on était accessible sur Internet pendant plusieurs mois. La base de données continue et plusieurs informations personnelles que ce soit le nom ou encore le problème de santé dont souffrait ces derniers. Le problème tout se base de données était facilement accessible depuis Google car indexée sans aucun mot de passe pour les protéger. Si depuis un moment c’est accès a été supprimée par le foyer, il n’en demeure pas moins que jusqu’à très récemment, il y avait certaines informations toujours disponibles en cache. « Ils ont fermé l’accès mais comme les moteurs de recherche sont passés par la page, les informations sont toujours disponibles, car le moteur a récupéré l’intégralité de la page. Ils devraient demander à Google d’effacer les pages. Il faut désindexer », explique Corinne Hénin, une experte en sécurité informatique.

La raison de cette fuite de données est expliquée par les responsables de l’association en charge du foyer, l’Adapei64 : « Une mise en place progressive des outils de l’Adapei des Pyrénées-Atlantiques, et notamment du logiciel associatif de gestion des projets individuels, NEO PI V2, a alors été planifiée. Dans l’attente de cette mise en place, l’établissement a élaboré son propre outil afin d’améliorer le partage d’information et donc la qualité de l’accompagnement par les professionnels », décrit la déléguée à la protection des données. « Nous avons découvert en 2020 des problématiques de données accessibles, mais, avec la pandémie, nos actions ont pris du retard pour les corriger », ajoute alors le directeur de l’Adapei64. Ces fuites ont d’autant plus contrarié l’équipe qu’elle avait justement mis en place des campagnes d’information sur la confidentialité des données de patients auprès des directeurs d’établissements, des administrateurs, des personnes accompagnées…  A l’aune de notre enquête, l’équipe a pu constater que « la notion de ‘’cache’’ n’avait pas été prise en compte par l’établissement », avait reconnu la directrice de la protection des données

La commission nationale de l’Informatique et des libertés précise que : « dans le cas de personnes en situation de handicap ou de mineurs, il n’existe pas de « circonstances aggravantes » pour les hébergeurs de données. »  Car « En France, on considère qu’un mineur peut donner son consentement lui-même aux traitements de ses données à partir de 15 ans. En dessous, il faut le consentement conjoint de l’enfant et du titulaire de l’autorité parentale ».

Dans une dynamique de toujours renforcer la sécurisation autour des enfants, l’éducation nationale déclarait à cet effet :  « le développement d’une culture de la protection des données à caractère personnel dans ses dimensions juridiques, techniques et éthiques au sein de l’institution scolaire est primordiale et constitue une priorité », dans cette optique, « 11 000 responsables de traitements répartis sur le territoire qu’il est nécessaire de sensibiliser afin de protéger les données de plus de 12 millions d’élèves et apprentis. Il semble que les cas cités soient donc passés au travers de « l’acquisition et concepts de base » de la cybersécurité, longtemps promus par des « séances de formations aux futurs chefs d’établissement, des webinaires à destination des enseignants » et « actions de sensibilisation dans les établissements ».

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