Huawei face à l’exclusion Britannique

La nouvelle est tombée depuis le début du mois.

Le géant chinois de Télécom a été exclu du territoire britannique. Cela signifie que non seulement les entreprises britanniques ne pourront plus se fournir auprès de la société pour des équipements 5G. Mais elles devront aussi désinstallées l’ensemble des équipements qui y sont déjà à l’horizon 2027.

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Dans un certain sens, cela peut être vu comme une victoire pour Donald Trump. En effet, sa volonté de boycotter les services du géant chinois est en train un peu de prendre peu à peu. La raison d’une telle animosité face aux équipements Huawei réside dans une possibilité de pratiques espionnes de la part de l’entreprise chinoise. C’est dans cette optique même que le gouvernement britannique, annonçait ce mardi qu’il excluait Huawei, au niveau des équipements pour le réseau Telecom en particulier celui de la 5G. Les autorités du Royaume-Uni ont estimé pour justifier cette décision, que Huawei présente un risque pour la sécurité du pays.

Dès la fin de cette année, il sera interdit aux entreprises installées en Grande-Bretagne de se fournir de nouveaux équipements Huawei. Ce qui est censé peser le plus sur les opérateurs, et la volonté du gouvernement, de les voir désinstaller tous les équipements Huawei déjà existants d’ici 2027, comme le signifiait dans une déclaration Oliver Dowden, le ministre chargé de la Culture et du Numérique, à la chambre des Communes après une rencontre du Conseil de sécurité nationale (NSC) qui fût présidée par le Premier ministre conservateur Boris Johnson.

En réponse, l’entreprise chinoise affirme que la décision de son exclusion du réseau 5G de la Grande-Bretagne est du moins politisée voir décevante. « Cette décision décevante est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui ont un téléphone mobile au Royaume-Uni, elle risque de ralentir l’avancée digitale du pays, d’augmenter les factures et d’accroître la fracture numérique. » a déclaré un porte-parole de l’entreprise chinoise de télécommunication. Cette dernière estime qu’il est « regrettable que notre futur au Royaume-Uni ait été politisé, à cause de la politique commerciale américaine et non pour des raisons de sécurité. ».

Cette décision ne déplaît pas seulement qu’à l’entreprise chinoise. En effet les opérateurs voient cela comme une situation assez désavantageuse. Pour le patron d’un de ces opérateurs en particulier BT, il est presque impossible, de retirer l’ensemble des équipements Huawei déjà en place d’ici 2027. « Si on veut n’avoir aucun élément de Huawei dans toute l’infrastructure des télécoms à travers le Royaume-Uni, je pense que c’est impossible à faire en moins de 10 ans » note le patron de BT. Il met en avant le fait que le géant chinois est de fournisseur depuis maintenant 20 ans, au niveau des infrastructures Telecom britanniques, se présentant comme : « un gros fournisseur de BT et d’autres opérateurs au Royaume-Uni. ». Il précise aussi la possibilité, de créer plusieurs failles de sécurité sur le long terme avec cette décision.

Cette décision du Royaume-Uni, entre un peu en ordre avec celle de la France il y a une semaine de cela. En effet, on rappelle que l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information, le gendarme français de la cybersécurité des organisations, avait aussi d’une manière partielle interdit les entreprises françaises de se fournir en équipement de géant chinois. Réduisant l’autorisation de l’exploitation des entreprises déjà partenaires à Huawei à 8 ans.

Et bien sûr, du côté des opérateurs, l’inquiétude est palpable. Elle porte essentiellement sur l’exigence de démonter les anciens équipements, de changer d’équipementier, tout en craignant une possible incompatibilité au niveau matériel. En France par exemple, les opérateurs ont mentionné qu’ils demanderaient à l’Etat de leur verser une compensation, si ce dernier continue de leur barrer la route face aux équipements de l’entreprise chinoise. Ça fait 10 ans que Huawei est utilisé en France, ça fait près de 10 ans que Huawei est utilisé dans quasiment toutes les capitales européennes » mettait en évidence Arthur Dreyfuss, ancien président de la Fédération française des télécoms (FFT) et directeur général d’Altice Media France, lors d’une interview en décembre dernier sur BFM Business. « Si demain, Huawei était amené à être interdit sur tout ou partie du territoire, il faut bien que chacun ait conscience des retards considérables que nous prendrions dans les déploiements. Ça serait un retard considérable pour les territoires, pour les entreprises françaises, pour la transformation numérique. Cela aurait un coût. ». Ajoute-il. « Que les règles changent, soit. Mais chacun devra alors y prendre sa part, opérationnellement, financièrement. C’est à vrai dire le cas aux Etats-Unis. Ils ont pris des positions radicales contre des équipementiers mais ils accompagnent ceux qui auraient à en pâtir. ».

De plus, il faut noter que le géant chinois est défendu par le patron de Orange, Stéphane Richard, le premier opérateur de téléphonie en France quand bien même qu’il n’utilise pas les équipements de géant chinois que ce soit pour la 4G ou la 5G. Celui-ci estime qu’aucune preuve avancée par des autorités américaines ne justifie la question de sécurité de tant évoquées. « Je serais intéressé qu’on nous les montre les preuves » souligne-t-il sur BFM Business en février dernier. « Il y a très peu d’équipementiers, il y en a trois de rang mondial. Huawei représente un peu plus d’un tiers du marché mondial. Si on commence à dire, celui-là on va l’exclure, on se retrouve en face de deux entreprises. (…) Si on considère que 3 entreprises c’est trop pour faire face à nos besoins, qu’on me l’explique. Huawei est un grand acteur, c’est un acteur qui a investi considérablement en R&D depuis des années, il investit d’avantage que tous les autres réunis. ».

De manière pratique, si le géant chinois est boycotté en Europe tel que cela a bien commencé, il faut clairement s’entendre à en retard de déploiement de plus de 18 mois selon une étude menée par la GSMA, un groupe d’industriels qui est composé d’opérateurs et de fabricants de mobile sur le plan mondial. « Nous estimons qu’une interdiction pourrait élargir l’écart sur la 5G entre l’Europe et les Etats-Unis de 15 points d’ici à 2025. » note l’étude.

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