Traçabilité : quand la question de sécurité se pose au niveau de l’usage des restaurants

Les restaurants rouvriront bientôt si cela n’a déjà commencé.

Avec la réalité de traçage mobile imposée par le gouvernement pour assurer le déconfinement, ces établissements devront alors collecter certaines informations sur leur clientèle. Mais cela pourrait-il aider à garantir la sécurité sanitaire des usagers concernés ? Du moins c’est ce qu’il pense le gouvernement suisse, qui l’a ordonné aux différents établissements de restauration. Une autre question se pose alors : qu’en sera-t-il la sécurité de ces informations ?

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« Les restaurateurs auront eu leur lot d’incertitudes lors de ces dernières semaines. Après la longue hésitation du Conseil fédéral sur la date de réouverture possible des restaurants avec accueil de clients sur place, la branche de la gastronomie a pris peur la semaine du 4 mai, avec l’énoncé des mesures de sécurité. Il était évident que la distanciation sociale préconisée dans l’espace public allait devoir être appliquée, de même que la limitation du nombre de personnes alors même que les rassemblements publics ne sont toujours pas autorisés. » souligne Matthieu Hoffstetter, Journaliste. Mais le problème se situe au niveau des faits que les responsables des établissements de restauration, ont l’ordre de collecter les données des personnes qui fréquenterons leurs espaces. Cette collecte concerne tout aussi bien les personnes qui ont passé des réservations que ceux ne l’ont pas fait. Il s’agira alors de recueillir :  Les noms ; prénom ; date de naissance ; numéro de téléphone : mais aussi les heures d’arrivées et de départs de chaque client, et nom des serveurs s’occupant de chacune des tables.

Au vu d’une telle exigences de la part du gouvernement Suisse, plusieurs propriétaires   et gérants de restaurant ont exprimé leurs mécontentement face à une telle situation tout en émettant des réserves sur l’aspect légal de la chose. Car plusieurs obstacles juridiques font frein où rendent difficile la mise en exécution de cette exigence du gouvernement. Tout d’abord, la question de l’habilitation. Car en vertu de quoi un personnel de restauration serait-il en mesure d’exiger certaines informations, souvent de nature personnelle? Le second problème concerne le stockage. Comment un établissement qui n’avait pas une telle vocation pourrait stockée une quantité pareille de données en toute sécurité ? Car comment prouver à sa clientèle que leurs données seront protégées convenablement ? Autant d’interrogations que les propriétaires essaient de mettre en avant pour s’échapper de cette contrainte « Vous avez déjà des établissements qui ne peuvent plus (rouvrir) pour des raisons économiques, d’autres parce que le plan de sécurité à mettre en place avec les mesures de sécurité de 2 mètres n’est pas possible dans leur type d’établissement », déclarait le vendredi dernier M. Laurent Terlinchamp, président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève, lors d’un entretien sur la RTS. Il n’a pas d’ailleurs manqué de soulever le fait que « bon nombre d’entre nous seront ouverts ».

Depuis lors, la collecte qui à l’origine était obligatoire est devenue facultative. Les gérants et patrons de restaurants voulant faire partie de ce lot, peuvent le faire par volontariat. Et cela est préférable pour plusieurs responsables. D’un autre côté, Certains avaient même commencer à prévoir les méthodes adéquate pour réussir ce pari. « Certains confrères envisageaient de mettre stylos et papiers sur les tables et demander aux clients de remplir les données. Mais du coup, il y a un contact. Si on nous interdit les journaux et magazines, ce n’est pas pour générer du contact autrement. Avec une solution informatique et notamment le QR code, on rationalise et on accélère le processus, on évite des files d’attente à l’entrée des établissements et on sécurise tout le monde, notre personnel, nos clients et leurs données ». Expliquait Pour Antoine Remor, propriétaire du « Café Remor » à Genève. Ce dernier n’est pas le seul à avoir pensé à une solution informatique. Salar Shahna, entrepreneur et initiateur du World XR Forum, un événement mondial sur la thématique des réalités virtuelles et augmentées, qui se tient chaque année à Crans-Montana. En collaboration avec un spécialiste de la sécurité des moyens de stockages informatiques du nom de Pierre-Edouard Hunkeler ; le développeur Luc Deschenaux et l’investisseur Stanley Zwirn, ils créent « Facepass », une plateforme dédiée au restaurants, pour les aider dans leurs collectés d’informations en bonne et due forme. « Les clients se connectent à un site web, renseignent les données exigées en moins de deux minutes et font un selfie pour s’identifier, et ils reçoivent ensuite leur facepass, un QR code, soit sur leur smartphone, soit en version papier par courrier. Et quand ils se rendent dans un restaurant, il suffit au restaurateur de scanner le facepass avec son smartphone pour que la visite soit enregistrée, lors de l’arrivée » notait Salar Shahna. Il ajoute par ailleurs : « Nous dissocions les données personnelles, avec les photos, noms, prénoms, date de naissance sur un serveur sécurisé, et les données du restaurant avec l’heure d’arrivée et de départ et le nom du serveur ou de la serveuse sur un autre serveur. Et toutes les données sont cryptées et effacées au bout de 14 jours, conformément aux règles édictées par les autorités fédérales ».

Une telle solution est-elle viable sur un surface plus importante, et sur de long terme ? Seul l’avenir nous le dira.

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