Amnesty International contre l’état du Maroc : une question d’espionnage

L’Organisation non gouvernementale spécialisée dans la lutte pour la défense des droits de l’homme a publié récemment un rapport dans lesquelles elle accuse l’État du Maroc de « surveillance ciblée illégale » au détriment du journaliste et défenseur des droits de l’homme Omar Radi.

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De leur côté, le gouvernement marocain crie au scandale et accuse l’organisation non gouvernementale de vouloir porter atteinte à leur image. Les autorités marocaines réfutent catégoriquement lors d’un communiqué ce vendredi 26 juin, les accusations formulées à leurs encontre par Amnesty International. Pour elle les allégations portant sur l’« infiltration des téléphones de certaines personnes » formulées par Amnesty International dans son rapport qui fut publié le lundi 22 juin intitulé : « Un journaliste marocain victime d’attaques par injection réseau au moyen d’outils conçus par NSO Group » est totalement sans fondement et vide de propos.

Si le titre de rapport n’indexe des autorités marocaines, le contenu du document produit par l’objet international met en évidence le fait qu’il y a eu utilisation illicite d’un logiciel d’espionnage fournie par la société israélienne du nom de NSO group. Ledit logiciel se fait appeler « Pegasus ». Le contenu du rapport essaie de décrire une utilisation illégale de ce logiciel par les autorités marocaines.

En effet, le logiciel de surveillance développé par la société israélienne aurait été utilisé selon les dires de l’ONG internationale, dans une situation de « surveillance ciblée illégale ». La personne ciblée par cette surveillance ne serait personne d’autre que le militant des droits de l’homme et par ailleurs le journaliste marocain Omar Radi. Ce dernier est connu avoir mené des enquêtes portant sur des sujets assez sensibles. En parlant notamment de l’exploitation des carrières de sable, l’affaire dite « des serviteurs de l’État » ou encore « e Hirak du Rif ». Actuellement, ce dernier fait l’objet d’une enquête policière sur « son implication présumée dans une affaire d’obtention de financements de l’étranger, en relation avec des services de renseignement ». Il mentionne que s’il ne possède pas suffisamment de preuves pour relier le rapport d’Amnesty International à l’enquête en cours dirigée contre lui. Cela ne lui empêche pas de remarquer de toute manière une « concomitance quand même ». En revenant sur le rapport de Amnesty International, il déclare ceci : « Je vérifie régulièrement mon téléphone que je suspecte toujours d’être infecté par un logiciel espion. Mes soupçons viennent du fait que j’ai été déjà victime, il y a quelques années, d’un autre programme d’espionnage, RCS, de la société italienne Hacking Team. J’avais donc parlé, en 2019, de mes doutes à Amnesty International, qui a effectué par la suite une analyse technique, à distance, de mon appareil. ».

Dans son rapport, Amnesty International fait savoir, qui a procédé à la vérification du smartphone utilisé par Omar Radi. La vérification a été opérée par sa branche spécialisée dans la sécurité informatique Security Lab, une section qui est dirigée par un expert italien des logiciels espions du nom de Claudio Guarnieri. En se fondant sur les analyses fournies par sa branche de sécurité numérique, Amnesty International soutient avoir remarqué que l’iPhone de journaliste marocain avait été touché par plusieurs attaques par injection de réseau. Et cela du début janvier 2019 en fin janvier 2010. « L’injection réseau est une technique qui consiste à rediriger une page web vers un site malveillant qui, en créant une copie de la même page, permet l’installation d’un logiciel espion sur le téléphone visé », explique Joseph Steinberg, un expert international en matière de sécurité informatique, par ailleurs auteur pour les célèbres media Inc. et Forbes. Concernant cette méthode de Cyberattaque, Amnesty International de son côté son rapport : « Les attaques par injection réseau observées dans le pays nécessitent soit de se situer à proximité des cibles, soit d’avoir accès aux opérateurs de téléphonie mobile marocains, ce que seuls les pouvoirs publics pourraient autoriser »,

On soulignera le fait que le rapport a été repris par 17 médias à travers le monde. Cependant les accusations ne permettent pas pour autant de confirmer les soupçons à l’égard des autorités Marocaines. « L’auteur des attaques pourrait être les autorités marocaines, comme il pourrait s’agir de quelqu’un d’autre », note l’expert américain. Pour ce dernier, il suffit juste que la société israélienne ait vendu son logiciel a des particuliers ou même à une entité gouvernementale pour qu’il soit difficile de déterminer l’auteur des différentes cyberattaques initiée sur la base de ce programme. En effet, on se rappelle que ce groupe a été déjà frappé par une fuite de données, lorsqu’un des employés avait été surpris en train de vendre le code source du logiciel incriminé pour 50 millions de dollars. Une autre utilisation excessive du logiciel a été observé lorsqu’un ancien employé l’a utilisé pour traquer une femme dont il est tombé amoureux. Bien sûr à cause de la confidentialité qui lie la société israélienne à ses clients, il est impossible de savoir à qui ce programme informatique a été délivré. « Nous ne pouvons pas révéler l’identité de nos clients parce que nous travaillons avec eux pour combattre le terrorisme, la grande criminalité et les menaces sur la sécurité nationale », déclare NSO Group.

Dans la foulée des accusations, les autorités marocaine réagissent en accusant de vouloir leur imputer une infraction dont ils savent ne pas être coupable : « La publication de ce rapport [ndlr, d’Amnesty] et la mobilisation de 17 organes de presse de par le monde pour relayer des allégations infondées s’inscrivent dans un agenda visant le Maroc, dont une partie est en lien avec des milieux vouant de la haine au Royaume, tandis que d’autres sont dans une logique de concurrence entre des groupements économiques autour de la commercialisation d’équipements utilisés dans les renseignements. » pouvait-on lire dans son communiqué dès vendredi dernier. « Les autorités marocaines ont aussi exigé du représentant d’Amnesty de leur faire parvenir, dans les plus brefs délais, les preuves tangibles présumées afin de permettre au Maroc de faire le nécessaire pour protéger les droits de ses citoyens », précisent les autorités dans le même communiqué.

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