La protection des données personnelles, un véritable casse-tête en Afrique

Selon le rapport du cabinet Bird & Bird, seulement 23 pays sur les 55 ont adopté une réglementation relative à la protection de la vie privée.

En d’autres termes, moins de la moitié ont décidé de mettre en place un cadre légal portant régulation et protection des données numériques.

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Par ailleurs, les pays qui ont adopté cette réglementation sur la vie privée ne se sont limités simplement qu’à la sécurité et à la confidentialité des données de communication électronique, tout en excluant en grande partie d’autres catégories pouvant découler les données à caractère personnel. Et il y a pire, en effet on ne peut compter que 7 pays dont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Gabon, et la Tunisie, qui se sont dotés d’une autorité administrative indépendante chargée de contrôler et de réguler tout ce qui touche de près ou de loin aux données dites personnelles.

Pour reformuler on voit que la majorité des pays africains n’ont pas encore développé malgré une certaines avancée dans l’usage des TIC, un cadre législatif assez potable pour gérer et protéger les données personnelles des utilisateurs de leur pays.

Quand bien même sur le plan continental une convention avait été adoptée le 27 juin 2014, portant sur la cybersécurité, la protection des données personnelles lors d’une convention de l’Union africaine à Malabo Guinée équatoriale, on se rendra compte que les décisions prises et les engagements tardent à entrer en vigueur dans l’ordre juridique des pays signataires. Le 10 juillet 2018, c’est-à-dire au terme de l’échéance des signatures de ladite convention, il n’y avait que 10 pays sur 55 qu’il avait effectivement signés. Ces pays se comptent parmi le Tchad, le Bénin, le Congo, les îles Comores, la Guinée-Bissau, le Ghana, la Mauritanie, la Sierra Leone, Sao Tomé-et-Principe, et Zambie. Parmi eux seulement le Sénégal et les îles Maurice l’ont a ratifié.

Au vu de ses lacunes juridiques du continent africain dans le secteur du numérique, l’avocat spécialisé au cabinet Bird & Bird, Merav Griguer à signifier que tout ceci : « risque de porter préjudice à ses intérêts économique et sécuritaire à long terme si elle n’est pas résolue. » par ailleurs il a été reconnu une chose qui est très essentiel : « C’est un enjeu de souveraineté nationale. Si un état laisse fuir les données de ses citoyens à l’extérieur, elles pourront éventuellement être utilisées contre lui ».

Nous sommes à l’ère du Big data, et plusieurs spécialistes viennent le soulever. Les données quelle que soit leur nature, (bancaire religieuse sexuelle médical, etc.) représente une mine d’or pour les firmes européennes et américaines. Avec une exploitation intelligente et contrôlée de toutes les informations que les Africains laissent leur échapper sans aucun contrôle, Il va de soi que le retour de bâton sera plus que difficile car au bout, ils devront faire face à un contrôle sur le plan économique. Une nouvelle forme de colonisation qui va naître sur la base des nouvelles technologies.

La colonisation des goûts, des points financiers, des habitudes à contrôlée, par un ciblage publicitaire et marketing purement développé sur la base des informations personnelles générer sur des plateformes qui se sont nourri à la source. Cela il y va aussi pour les élections. Quand on sait déjà en Europe et aux États-Unis qu’il est monnaie courante de se servir sur des bases de données émises des réseaux sociaux pour déterminer des préférences politiques, on se rend compte que cela est beaucoup plus flagrant en Afrique.

Pour Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haidara, responsable de l’autorité en charge de la régulation et de la protection des données personnelles au Mali : « concilier la protection des données personnelles avec la liberté de la presse dans nos États où la culture démocratique est encore en construction ». On se demande alors combien de temps cela pourrait prendre. L’Afrique a-t-elle vraiment le temps ?

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