Le secteur agricole à l’épreuve de la cybercriminalité

À première vue cela semble assez dichotomique, pourtant le secteur de l’agriculture n’est pas indifférent à l’évolution technologique et comment cela se fait-il ?

Tout simplement à travers l’automatisation de certaines tâches coutumières. On parle de poulailler ou encore d’élevages automatisés surtout dans l’industrie du lait. Les outils connectés ne manquent pas dans le secteur de l’agroalimentaire. Des outils qui sont malheureusement sont vulnérables à des intrusions manipulation à distance.  On fait allusion à tout type de danger de la sorte. Cela peut-être le rançongiciels ou encore une intrusion dans un objectif de sabotage.

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Pierre Saint-Arnaud, journaliste écrivait à ce propos : « Imaginez qu’un producteur de volaille reçoit, par un soir de janvier où il fait -25 degrés Celsius, un message l’informant que le chauffage de ses poulaillers sera fermé s’il ne verse pas une rançon. Il constate alors qu’il n’a plus aucun contrôle sur ses systèmes informatiques ; s’il ne verse pas la rançon, toutes ses volailles vont mourir gelées

Imaginez maintenant, à une plus grande échelle, qu’une puissance étrangère voulant nuire au Canada introduit dans les bases données d’éleveurs ou de grandes cultures de céréales, de fausses informations qui laissent croire qu’une maladie a atteint le cheptel de porcs du Québec ou le blé des Prairies, faisant s’écrouler la demande pour ces produits sur les marchés internationaux. Bien que l’information soit fausse, il faudra des semaines, voire des mois, avant de pouvoir prouver le contraire et rétablir la réputation de ces produits sur les marchés. ».

Ainsi présenté, nous pouvons nous rendre compte que les choses ne sont pas aussi simple. Les choses sont beaucoup plus réalistes et compliquées qu’on ne puisse l’imaginer. Pendant longtemps jusqu’à aujourd’hui on pense que de l’agroalimentaire est épargné et de la vague de cybercriminalité grandissante. Pourtant ce n’est pas le cas. Le secteur est aussi bien vulnérable que celui de l’audiovisuel ou encore de la finance.

« Les experts en cybersécurité regardent tout ce qui est infrastructure critique importante pour le Canada et l’agriculture est un bon exemple. Quand on y ajoute la technologie, il devient essentiel de la sécuriser », souligne la professeure titulaire en génie informatique et génie logiciel à l’École Polytechnique, Gabriela Nicolescu.

« Les risques sont divers. Par exemple, il y a plusieurs opérations agricoles qui ont les mêmes risques cybernétiques que n’importe quels individu et entreprise au Canada », précise le directeur général de la Community Safety Knowledge Alliance (CSKA), Cal Corley.

La cybermenace se précise. Pour cela les autorités gouvernementales se préparent pour affronter le fléau dans le secteur agricole et secteur tu es sensible. Aux États-Unis par exemple, on observe une collaboration entre le gouvernement américain et d’autres structures privées du secteur agricole.

Du côté des responsables on observe toujours les mêmes pirates informatiques ayant les mêmes objectifs c’est-à-dire le sabotage d’équipement, le vol de données, l’espionnage où le rançonnage.

« Comme Monsieur et Madame Tout-le-monde, les producteurs agricoles ne sont en effet pas épargnés par les cyber fraudeurs qui se livrent à de l’hameçonnage dans le but d’obtenir leurs coordonnées bancaires. Au Royaume-Uni et en France, certains experts ont noté qu’ils sont particulièrement ciblés en décembre, soit après les récoltes, alors que leurs entrées de fonds sont les plus importantes, », note Cal Corley, le DG de la CSKA.

Pour une meilleure organisation, la Community Safety Knowledge Alliance (CSKA), a reçu une subvention de prêt de 500000 dollars de la du gouvernement canadien. L’idée est bien sûr d’améliorer les conditions sécuritaires du domaine agroalimentaire au Canada.

« L’objectif est de déterminer le niveau de prévention actuel et de mesures de cybersécurité en place dans le secteur agricole canadien et voir avec le secteur comment renforcer et améliorer la sécurité pour ce secteur puisqu’il s’agit d’une infrastructure critique pour le pays », détaille the Community Safety Knowledge Alliance.

Pour Gabriela Nicolescu, cette initiative du gouvernement ne pouvait pas mieux tomber.

« Sincèrement, je ne sais pas si le gouvernement est au courant des risques. Par contre, le gouvernement est très conscient de la protection nécessaire et de l’analyse de risque de toutes les infrastructures critiques. L’agriculture a une influence importante sur l’avenir du Canada dans le contexte actuel d’une certaine autonomie nécessaire. ».

« Je ne pas si le milieu agricole est suffisamment sensibilisé, poursuit-elle. Il y a certainement un besoin de sensibiliser parce que la technologie augmente le rendement, augmente l’efficacité, elle aide énormément, mais elle ajoute des risques. » ajoute la professeure.

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